Publié dans Lettres non envoyées

Quand tu danses

Goldman chante :

“J’ai fait la liste de ce que qu’on ne sera plus”

“Mais que deviennent les amoureux perdus ?”

“Amis non, ni amants, étrangers non plus”

“Mais quel après après s’être appartenu ?”
(dans “Quand tu danses”, album En passant, 1997)

Dieu sait combien je l’ai écoutée cette chanson, comment ses mots ont résonné et m’ont tiré des larmes. Et ces questions… sur le moment, je voulais que quelqu’un y réponde absolument, pour que je sache à quoi m’attendre, pour que je ne reste pas là comme un con à ne plus savoir quoi faire. Tu ne m’aidais pas non plus. Du haut de ton indifférence naissante, de ta présence lointaine si proche et réconfortante autrefois, tu m’observais et tu ne savais pas répondre à ces questions non plus. C’est ça que tu voulais de toutes façons : partir sans te retourner, sans regrets.

Je sais maintenant y répondre en partie. Amis ? Non. Amants ? Sûrement pas. Etrangers ? Oui. Il n’y a pas d’après. Après s’être appartenu, on ne s’appartient plus et c’est tout. Bien sûr, au tout début, je regardais d’un oeil, au loin ou par l’intermédiaire des autres, ce que tu faisais. Il y a une sorte de bienveillance qui survit aux cendres et qui traîne un peu hagarde. Je crois qu’on reste un peu attentif au devenir de l’autre, on ne voudrait pas qu’il sombre.

Et pourtant moi, j’ai sombré. “N’être plus rien après tant, c’est pas juste”. Ces mots qui rimaient avec toujours comme autant de promesses, ces gestes… rien n’avait jamais existé pour toi, ni par la force des choses pour moi. Nous deux seuls étions les témoins de ces années en commun. Puisque toi tu as tout zappé, pourquoi, pour qui devrais-je encore m’en rappeler ? Ce qui reste ancré à présent, c’est le mal que ça fait de tout perdre.

Ça rend même inutile toute relation future. J’ai maintenant un coeur qui n’aimera plus. Les “toujours”, les “jamais”, les promesses de toute une vie ensemble, les “nous deux, c’est différent” (pour citer à nouveau Goldman) sont devenus tellement ridicules.

Je te l’avais pourtant dit, mon ange : “c’est toi ou personne d’autre”. Tu ne m’as pas cru.

“Quand tu danses, y songes-tu ?”

 

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