Publié dans Atelier d'écriture, Intime

Si « je » est une saison…

En premier lieu, spontanément, s’est imposé l’été, que “je” n’aime pas être. Quand “je” est tourmenté, oui, alors “je” devient l’été. Les chaudes journées, trop chaudes, qui finissent souvent en gros orages. La pluie lourde qui soulève la poussière des sols que le soleil a brûlés, dans une odeur amère caractéristique. Les éclairs qui claquent et qui allument les broussailles sèches qui n’ont rien demandé.
Oui, ça arrive au “je” d’être tourmenté mais “je” préfère être l’automne. L’harmonie des couleurs est tellement belle à voir ; de rouge feu à rouille en passant par le fauve et l’or. Bien sûr, il y a le ciel gris et désolé. C’est ce qu’on voit d’abord : le gris tout désolé. Mais si on prend la peine de regarder autrement, on voit les couleurs, la chaleur des couleurs et la richesse des couleurs. Vraiment. “Je” préfère l’automne.
Mais l’hiver ! L’hiver ! C’est en tout cas la saison qui le représente le plus pour l’instant. Quand tu es partie, cette saison a englobé son être. Tu vois les arbres dénudés, d’apparence sans vie, tristes ? Tu vois ? Un épais manteau a recouvert sa vie et l’a plongée dans un profond sommeil. Tout à l’intérieur s’est endormi, tout s’est mis en pause.
Aujourd’hui, tu sais, “je” commence à ressentir des petits bouillonnements, comme des petites fourmis qui s’agitent lorsque se réveille un membre “endormi” d’être resté trop longtemps à la même place. Il aime à penser que c’est le printemps qui s’amène, enfin. Un hiver de presque deux années, c’est long.
Tu ne sauras pas que le printemps frappe à sa porte. Sans doute ― et “je” l’espère ―, un autre printemps arrive aussi pour toi. “Je” ne le saura pas non plus. C’est mieux comme ça. Chacun vivra ses saisons à son rythme dans son coin, vous n’étiez pas synchrone de toute façon.
Alors, la prochaine étape, c’est le printemps. “Je” l’espère, “je” le sent, “je” le sait. “Je” l’attend.

de Pxhere.com