Publié dans Non classé

Depuis toi

Si les arbres perdent leurs feuilles quand l’automne revient
C’est pour moi te voir venir d’encore plus loin
Si ces feuilles rougissent en tas tout le long des chemins
C’est parce que tu les as touchées du bout de tes mains
Si la brume nous enveloppe quand on marche le matin
C’est pour nous dérober au monde qui nous soutient

Si la neige en hiver accueille l’empreinte de tes pas
C’est pour moi te retrouver quand tu es loin de moi
Si les lacs se transforment en plateaux d’argent froids
C’est pour que tu t’y mires dans les plus beaux éclats
Si les nuits de décembre semblent toujours plus longues
C’est pour que nos rêves se rejoignent sur le toit du monde

Si le printemps voit ses prés à nouveau refleurir
C’est pour que je puisse y cueillir des bouquets à t’offrir
Si le soleil couchant rougit de confusion
C’est parce qu’il a vu le vent soulever ton jupon
Si ce vent bruit les feuilles le long du ruisseau
C’est pour t’éveiller en douceur quand le jour se fait beau

Si les champs de l’été revêtissent leur manteau d’or
C’est pour te le prêter quand l’orage est trop fort
Si les chaleurs sont fortes au point de faire un ciel tout bleu
C’est pour que tu te dénudes, quel plaisir pour mes yeux !
Si les nuits sont tièdes et surtout étoilées
C’est pour qu’on s’endorme dehors sur un lit de rosée

Que portent dans leur rivière les mots que voilà
Les larmes de bonheur que je verse depuis toi

de Pxhere.com
Publié dans Atelier d'écriture, Intime

Si « je » est une saison…

En premier lieu, spontanément, s’est imposé l’été, que “je” n’aime pas être. Quand “je” est tourmenté, oui, alors “je” devient l’été. Les chaudes journées, trop chaudes, qui finissent souvent en gros orages. La pluie lourde qui soulève la poussière des sols que le soleil a brûlés, dans une odeur amère caractéristique. Les éclairs qui claquent et qui allument les broussailles sèches qui n’ont rien demandé.
Oui, ça arrive au “je” d’être tourmenté mais “je” préfère être l’automne. L’harmonie des couleurs est tellement belle à voir ; de rouge feu à rouille en passant par le fauve et l’or. Bien sûr, il y a le ciel gris et désolé. C’est ce qu’on voit d’abord : le gris tout désolé. Mais si on prend la peine de regarder autrement, on voit les couleurs, la chaleur des couleurs et la richesse des couleurs. Vraiment. “Je” préfère l’automne.
Mais l’hiver ! L’hiver ! C’est en tout cas la saison qui le représente le plus pour l’instant. Quand tu es partie, cette saison a englobé son être. Tu vois les arbres dénudés, d’apparence sans vie, tristes ? Tu vois ? Un épais manteau a recouvert sa vie et l’a plongée dans un profond sommeil. Tout à l’intérieur s’est endormi, tout s’est mis en pause.
Aujourd’hui, tu sais, “je” commence à ressentir des petits bouillonnements, comme des petites fourmis qui s’agitent lorsque se réveille un membre “endormi” d’être resté trop longtemps à la même place. Il aime à penser que c’est le printemps qui s’amène, enfin. Un hiver de presque deux années, c’est long.
Tu ne sauras pas que le printemps frappe à sa porte. Sans doute ― et “je” l’espère ―, un autre printemps arrive aussi pour toi. “Je” ne le saura pas non plus. C’est mieux comme ça. Chacun vivra ses saisons à son rythme dans son coin, vous n’étiez pas synchrone de toute façon.
Alors, la prochaine étape, c’est le printemps. “Je” l’espère, “je” le sent, “je” le sait. “Je” l’attend.

de Pxhere.com